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De comment la musique coule par mes veines

Je me reveille, mon père me dit “camine mijito, nos vamos para Pereira”. J’avais à peine 4 ans. On arrive après plusieurs heures de trajet à “la ciudad mas cerca de Colombia”, et surtout de Cali !

Colina de San Antonio, Cali, Valle, Colombia.

A l’époque, mon père, Diego Maria Guzmán, était “representante de orquestas”, il était chargé de faire venir des groupes de Cuba. Depuis sa jeunesse il était fasciné par la révolution Castrista, à tel point que mon prénom “Alejandro” est le fruit, non du hasard, mais du prénom que portait Fidel pendant son séjour dans la jungle cubaine, son nom de code en quelque sorte.

Bon, je m’éloigne un peu de l’histoire de cette journée à Pereira. Si je ne me trompe pas, on arrive à l’hotel et je rencontre plein de gens qui parlent bizarrement.  A Cali, on a un accent assez caractéristique, autochtone de la région comme on dirait pour faire des blagues, mais ces gens là, avaient une joie de vivre extrême et un accent méconnaissable pour mon jeune âge. Mon père me dit que c’est des musiciens cubains. Cubains? Cuba? C’est où? La seule chose que je connais de Cuba c’est les jouets, las maracas et las claves que tu m’offres lors de tes nombreux voyages sur l’île! Et qu’avec joie je détruis la semaine suivante!

Bon, le fait est que je suis l’enfant du “Manager” en quelque sorte, et je connais seulement quelques musiciens avec lesquels je m’entends très bien étant le seul enfant du groupe, le chouchou. La nuit tombée, on arrive à un hangar énorme, le bruit de plus de 500 personnes qui s’affolent, je ne comprends pas pourquoi…

Je suis en coulisses, un grand homme qui ressemble à mon grand père vient s’approcher de moi, il passe ses mains dans mes cheveux et me lance “Chiquillo”! et puis disparaît dans le chemin qui mène sur scène. Je reste sur place et regarde avec mon père le concert.

Le bongocero fait son solo, et je ne me souviens pas pourquoi, la cadence de cette musique que je connaissais depuis ma plus tendre enfance inconsciente avec les viniles, que mes parents écoutaient depuis le ventre de ma mère, m’a fait bondir sur scène, petit enfant de 4 ans qui cours vers le bongocero, plein d’émotions, monte sur son dos et l’enlace. En regardant devant moi, un cadre impressionnant, une foule complètement envoûtée par la cadence de cette musique, unique, parfaite…

Le jour d’après, tous les musiciens partirent continuer leur tournée je ne sais plus où, c’est ne fut que plusieurs années après, quand ma conscience et ma connaissance de la musique cubaine, plus évoluée, que je demande à mon père…

“- Papa, tu te souviens du concert avec le bongocero? C’était qui, l’homme qui ressemblait à mon grand père?”  Ce à qui mon père réponds :

“-  Cet homme était Carlos Puebla.”

Carlos Puebla

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